Fédération du Mali: Ensemble, nous avons le pouvoir !

Article : Fédération du Mali: Ensemble, nous avons le pouvoir !
21 juin 2016

Fédération du Mali: Ensemble, nous avons le pouvoir !

Dans toute l’Afrique de l’ouest tout le monde sait dire « ensemble nous avons le pouvoir »

Pendant la colonisation les Baoulés, Wolofs, Peuls, Mossi, Sousou, Dogons, Malinkés, Ebriés des territoires ivoirien, soudanais, guinéen ou voltaïque, comprennent que l’unité est la seule manière pour eux de vaincre l’oppression coloniale. De Dakar à Abidjan en passant par Cotonou ou Conakry l’intensité et la férocité de la colonisation est la même, les Africains souffrent ensemble mais luttent et résistent ensemble. Les humiliations et la soumission servent alors de ciment à l’unité de ces peuples.

Au Mali nous disons : Mansaya Ya An Bé Ta Lé di (Malinké)

Dès 1895, après avoir soumis par la force une grande partie de l’Afrique de l’ouest, l’État français met en place une fédération, l’Afrique occidentale française (AOF), pour administrer les territoires sous sa domination. Cette fédération composée de six puis de sept territoires sera administrée par un gouverneur général et aura pour capitale Dakar.

En 1956, sous l’impulsion de la loi cadre, l’AOF est démantelée. Les sept territoires sont désormais séparés, isolés et administrés séparément par des institutions locales.

En 1958, le référendum sur la communauté franco-africaine entérine cette division par l’institution de républiques autonomes. Ces deux événements valident le processus de balkanisation de l’ex AOF.

Ainsi, après avoir lutté ensemble contre l’oppression coloniale, c’est en ordre dispersé que les peuples de l’ex AOF s’apprêtent à accéder à leur indépendance.

En Cote d’Ivoire nous disons : Minh wo hégba hé sanou (Baoulé)

En 1957, la Gold Coast, ex-colonie britannique, arrache son indépendance et devient le Ghana sous la direction de son leader Kwamé N’kruma, partisan du panafricanisme et de l’unité africaine.

En 1958, la Guinée, conduite par son charismatique leader Sékou Touré, obtient l’indépendance en refusant avec fierté de participer à la communauté franco-africaine.

Au Sénégal nous disons : Mbolo moy dolé (Wolof)

De leurs côtés les autres colonies françaises intègrent la communauté franco-africaine mais comme le rappelle Leopold Sedar Senghor : « la Communauté n’est pour nous qu’un passage et un moyen, notamment celui de nous préparer à l’indépendance à la manière des territoires sous dépendance britannique. »

Un vent de liberté souffle sur le continent africain et de Dakar à Niamey, l’indépendance n’est alors plus qu’une question de temps.

En Guinée nous disons: Won Ma Langui Mainguèya Na Won Yi Ra (sousou)

C’est dans cette atmosphère de liberté que le Sénégal, le Soudan, le Dahomey et la Haute-Volta choisissent le chemin de l’unité.

« Notre réunion, dans cette salle des délibérations du Grand Conseil, est un acte de foi dans le destin d’une Afrique forte de l’union de tous ses membres sans discrimination d’aucune sorte. ». C‘est par cette phrase du doyen Lamine Guèye que s’ouvre l’assemblée constituante qui officialise la création d’une fédération regroupant ces 4 territoires. Elle prendra le nom de fédération du Mali en référence au grand empire fondé par Soundjata Keita. Le 14 janvier 1959, la constitution présentée par le sénégalais Doudou Thiam est approuvée par acclamation par les délégués de tous les territoires. Le rêve unioniste porté par Modibo Keita et Léopold Sédar Senghor voit le jour. C’est donc ensemble que ces 4 nations souhaitent acquérir leur indépendance. Nous sommes en 1959 et l’indépendance pointe à l’horizon.

Au Bénin nous disons : Mi do kpo mi na dou gan (fon)

Mais la fédération va être torpillée par le chef du RDA Félix Houphouet-Boigny, artisan de la loi cadre et partisan d’une évolution séparée des anciennes colonies. Il voit d’un mauvais œil la formation de cette fédération qui pourra lui faire de l’ombre et lui faire perdre son influence dans la sous-région.

Sous la pression d’Houphouet, la Haute volta et le Dahomey vont se retirer de la fédération et construire une organisation de coopération régionale en opposition à la fédération du Mali.

Ces défections ébranlent la fédération mais ne la détruisent pas. Le Sénégal et le Mali sous la houlette du leader panafricain Modibo Keita continuent l’aventure.

Au Togo nous disons : né mi lé dou, nousein la non mia si (Mina)

Le 4 avril 1959, l’assemblée de la fédération se réunit ; Modibo Keita, opold Sedar Senghor eMamadou Dia sont alors désignés respectivement président, président de l’assemblée et viceprésident. Après la mise en place des instances politiques, la prochainétape est celle de l’acquisition de l’indépendance.

Le 20 juin 1960, le président de l’assemblée Léopold Sédar Senghor proclame l’indépendance de la fédération.

Au Burkina faso nous disons : Tond san bé nii taba nama ya tond so (Moré)

Mais les conflits internes, les antagonistes et les rivalités au sommet de l’État viennent à bout de la fédération. A la suite d’un conflit institutionnel, le Sénégal, par la voix de son chef Senghor, se retire de la fédération et proclame l’indépendance du Sénégal. Le Soudan proclame à son tour son indépendance et devient le Mali. Après seulement 4 mois d’existence en tant qu’Etat indépendant, lfédération du Mali disparaît.

Au Niger nous disons: Tcharbandé no ir gaté gabi (Zarma)

La disparition de la fédération du Mali emporte avec elle les rêves d’unité portés par les leaders africains. Malgré d’autres initiatives insufflées par Kwamé N’krumah ou encore Sékou Touré, les Africains ne parviendront pas à s’unir. Ainsi, aux lendemains des indépendances, on voit apparaître sur le continent africain des Etats aussi faibles les uns que les autres et n’ayant aucun poids sur la scène mondiale.

Aussi longtemps que notre peuple s’expose au danger d’être faible en étant désuni, il est à prévoir que nous restions sous la domination d’autres peuples qui ont su devenir forts en s’unissant.

Unis nous sommes forts et dans toute l’Afrique les peuples lancent un appel : Ensemble nous avons le pouvoir.

Je suis Panafricain.

Nous sommes Panafricains.

Que l’Afrique retienne le nom de ses Héros.

 

NJA

Tiken Jah nous parle d’unité

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Commentaires

Kany
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Oui, et comme ça que nous réussirons par l'union. Cependant, je pense que c'est une visée bien utopiste malheureusement...