TheLegend

[Podcast] Douk Saga, héros national

Douk saga

En 2001 c’est dans la boite de nuit parisienne l’Atlantis que nait le coupé décalé porté Douk saga. Le Coupé Décalé va replacer la Côte d’ivoire comme la plaque tournante de la musique africaine et un homme va incarner ce mouvement. Il se fera appeler président, l’ouragan terrestre, la pointure au-dessus, le héros national.

Djeli vous raconte aujourd’hui l’histoire de Doukouré Stephane Hamidou  (Douk Saga), le créateur du coupé décalé.

Références musicales

– Douk Saga  » Sagacité »
– La jet set « Hommage à Douk Saga «


[Podcast] Paquinou chez les Baoulés

Paquinou en pays baoulé

L’identité culturelle d’un peuple se nourrit de moment de communion. D’instants qui ressourcent son âme et consolide ses fondements. La fête de pâques « Paquinou » en Côte d’Ivoire en est la parfaite illustration.

Chaque année depuis bientôt 30ans, les baoulés ethnie du centre de la Côte d’Ivoire ont fait de la fête de pâques un moment de réjouissance. Loin de sa signification première lié au christianisme la fête de pâques devenu “Paquinou” en pays baoulé prend un tout autre sens.

Cette fête est un retour aux sources comme une marque d’allégeance à la grandeur du peuple baoulé. Djeli vous raconte aujourd’hui l’histoire de paquinou.

 


[Podcast] Le Zouglou, une épopée musicale

Le zouglou, une épopée musicale

Pendant les années 90, la Côte d’Ivoire est un pays en effervescence ou la jeunesse s’est décidé à embrasser la lutte et cette lutte a besoin d’un écho qui porte, audible par tous et compris de tous. 

Le Zouglou sera cet écho qui transcendera les clivages d’une population qui retrouve l’orgueil de la lutte.
Porte-voix de toute une génération, Le Zouglou constitue dès son éclosion une arme politique portant des coups persistants à la forteresse du pouvoir. Aujourd’hui djeli vous raconte l’histoire du Zouglou une épopée musicale.


[Podcast] Gbagbo ou le sens de l’histoire

Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo a été pendant 10 ans président de la république de Côte d’Ivoire d’Octobre 2000 à Avril 2011. Son histoire, son parcours ne peuvent être dissociés de l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire. De Mama petit village de l’ouest du pays à la présidence jusqu’à la cour pénale internationale, La marche de Laurent gbagbo s’est toujours inscrite dans le sens de l’histoire.  Djeli vous raconte aujourd’hui 4 etapes de la vie de Laurent Gbagbo.

« Comprendre l’histoire d’un homme c’est suivre ses traces, remonté ses pas, suivre son destin. L’histoire est une boussole. Les grands hommes sont ceux qui comprennent le sens de l’histoire. Ils sont des éclaireurs et leur marche s’inscrit dans la grande histoire de l’humanité. Loin d’être des saints leur parcours est semé de contradictions, d’errements, d’échecs, de renoncement mais le jugement de l’histoire s’abat sur eux avec clémence et mansuétude. »


[Podcast] La fille et le vieil homme

Dans cet épisode Djeli raconte l’histoire d’une jeune fille victime d’abus sexuel.
Cette fiction a pour ambition de nous interpeller sur ce fléau courant en Côte d’Ivoire mais trop peu mis en avant.
A travers ce numéro Djeli veut apporter son soutien à toutes les victimes et dénoncer avec vigueur ces abus.

« Lorsqu’on a 13 ans, on doit être protégée et éduquée. Les relations sexuelles, ne peut rester un sujet tabou dans la famille et à l’école quand on connait les conséquences du manque d’éducation. Parler communiquer informer tel doit être le rôle des parents. L’école doit elle aussi venir en appui de cette éducation sexuelle qui nous fait défaut et qui conduit à de grands drames. Lutter contre les prédateurs sexuels ne plus cautionné ne plus voir sans rien faire ne plus pardonner sans justice. Le coupable doit payer il faut sortir de nos schémas qui favorisent l’impunité constante et qui engendre de nombreuses frustrations. Un homme de 40 ans ne doit pas avoir le droit d’enceinter une mineure sans conséquence. Il doit être puni sans que cela ne pose de question. »

Références musicale de l’épisode
– Toumani Diabaté & Ballaké Sissoko Récital duo de kora
– Asa, Eye Adaba


Pourquoi les jeunes Africains ne doivent pas renoncer à leur nationalité

« Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. » Ernest Renan

Cette question de la nation et de l’appartenance à une communauté nationale est une interrogation prégnante au sein de la diaspora africaine. Nombreux sont ces jeunes issus de la diaspora qui après avoir terminé leurs études dans des pays étrangers décident de faire la démarche d’appartenir à une nouvelle communauté nationale. En faisant ce choix « ils expriment clairement leur désir de continuer la vie commune au sein de cette nouvelle communauté, Ernest Renan» délaissant de facto leur nation d’origine.

Les raisons du choix

Pourquoi cette diaspora consent-elle à poursuivre une aventure nationale dans des pays qu’elle n’hésite pas à pourfendre avec la plus grande véhémence, s’indignant à chaque dérapage raciste, protestant à chaque intervention militaire ou à chaque discours rempli de condescendance ?

Néanmoins, prenons du recul sur ce choix. En vérité ce jeune africain qui accepte de prendre la nationalité de son pays d’accueil justifie son choix de la manière la plus rationnelle qui soit. Prendre la nationalité d’un pays figurant parmi les plus puissants du monde c’est avant tout pour lui un moyen de servir ses intérêts et de maximiser ses chances de réussite dans un monde globalisé. Être Français, Américain, Anglais, Suisse, Canadien, c’est entre autres pouvoir voyager sans avoir à remplir la paperasse, pouvoir travailler plus facilement dans n’importe quel pays du globe, pouvoir se faire rapatrier en cas de troubles dans son pays d’origine, se faire soigner dans les meilleurs hôpitaux et avoir la possibilité de vivre dans un pays sans trouble politique. Le raisonnement de cette jeunesse africaine est froid, efficace, pragmatique. Il se résume assez facilement : mettre toutes les chances de son coté, assurer ses arrières. On ne se revendique pas Français ou Américain, on se revendique possédant un passeport français ou américain, la nuance est ténue mais elle existe.

Peut-on émettre une quelconque critique sur ce choix ? Peut-on reprocher à ces jeunes de penser à l’avenir de leurs enfants ? Peut-on leur reprocher de se sentir frustrés quand on leur dit que le monde s’ouvre à eux mais qu’il leur est impossible d’aller à sa rencontre ?

Reconsidérer l’idée de la nationalité

Derrière se cache encore cet éternel réflexe de colonisé. L’obtention de la nationalité se transforme en fête, on se félicite d’être devenu Français ou Américain. On est fier d’avoir obtenu ce sésame comme s’il s’agissait de la naissance d’un enfant. On angoisse pendant tout le processus d’obtention comme si notre vie en dépendait. On accepte les pires humiliations. Ce papier est plus qu’un simple outil de voyage, il revêt une signification particulière.

Être citoyen d’un pays c’est embrasser son histoire et sa grandeur, accepter ses contradictions, être solidaire de ses erreurs et de ses échecs et supporter ses compromissions. Être Américain c’est vivre avec la cicatrice ineffaçable de l’esclavage et du massacre des peuples autochtones, mais c’est vivre la promesse du rêve américain et signer à Philadelphie avec les pères fondateurs en 1776 la déclaration d’indépendance. « Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu est une affirmation perpétuelle de vie. » Ernest Renan

Le continent a besoin de modèles, d’une génération qui va accepter de faire des choix difficiles et irrationnels, d’une jeunesse qui arrêtera de montrer que l’avenir se trouve ailleurs. Elle doit accepter les faiblesses du présent, avoir une posture ferme. Elle doit montrer qu’avec un passeport faible, une nationalité sans atout, elle peut aussi créer les conditions du possible. Elle doit s’engager pour que les générations futures ne se posent plus la question de savoir si être Ivoirien, Camerounais, Nigérien est la meilleure option pour s’assurer un avenir meilleur. Dans le fond, ne devient-on pas Américain ou Canadien pour se déresponsabiliser ? Pour ne pas subir les conséquences d’être Ivoirien ou Camerounais ?

La nationalité est un tout

Cette diaspora trouve de nombreuses justifications, elle se cache derrière une vision pragmatique pour cacher son inaction. Elle essaie de se convaincre que son action pour le continent sera plus efficace avec un autre passeport ou qu’avoir un deuxième passeport n’aura aucune influence sur sa volonté d’être actrice du changement. On peut lui accorder le bénéfice du doute et affirmer que dans certains cas la nationalité n’influe pas sur la volonté d’agir pour son pays.

Il n’en demeure pas moins qu’elle envoie ici un message négatif, un message qui plaide pour la facilité et qui nous ramène à un statut de dépendance, comme si être étranger était le seul moyen d’aider nos pays. Comme s’il fallait encore, pour nous en sortir, que nos ex-colonisateurs nous accordent le droit de faire partie de leur nation. Nous perdons chaque jour le combat du symbole ; toutes nos questions et nos solutions trouvent leurs réponses ailleurs. Une nationalité s’accepte dans sa totalité et non en partie, elle est un tout.

Les générations précédentes peuvent servir d’exemples. Combien de jeunes talentueux, qui après leurs études ont obtenu la nationalité de leur pays d’accueil avec cette même vision et n’ont eu aucun impact sur leur pays d’origine ? Ils ont perdu leur fougue, n’ont aujourd’hui même plus la capacité de s’insurger. Hier Français de raison, ils sont aujourd’hui Français de cœur et le passeport de leur pays d’origine n’est plus qu’une relique leur rappelant par à-coups les idéaux de leur jeunesse.

NJA